ÉDITOS

 

Le succès d’un lieu de culture se mesure à la façon dont les spectateurs parviennent à se l’approprier. Un succès difficile à acquérir tant un lieu culturel revêt souvent un caractère intimidant et inaccessible.
Tout au long de ce mandat, la Municipalité d’Aurillac aura œuvré sans relâche pour désacraliser son théâtre municipal et ses différents sites culturels. Une volonté d’ouvrir la Culture à tous les publics et à tous les âges, sans jamais rogner sur l’exigence et la qualité.
Les saisons culturelles successives proposées ont pleinement rempli cette mission. Et le public ne s’y est pas trompé. Chaque a pluridisciplinaires d’une grande qualité et d’une grande diversité : des abeilles, une rencontre autour des écritures contemporaines jeunesse, un temps fort de culture yiddish, les Phonolites, un voyage en Amérique du Sud, du tango…
Pour cette nouvelle saison, le Théâtre d’Aurillac invite le public à découvrir des artistes, animés par la même envie de faire du rêve et de l’imaginaire un bien commun. Audacieux, innovants, parfois révoltés, mais toujours militants, ils seront heureux de vous présenter leurs œuvres.
Soucieuse de mener à bien son objectif de démocratisation de la Culture, l’équipe municipale aura maintenu, depuis 2014, son effort financier en matière d’offre culturelle. Un choix politique volontariste et assumé pour promouvoir la Culture et la rendre accessible au plus grand nombre.
La plaquette que vous tenez vous guidera tout au long de cette année vers un voyage entre imagination et réalité, ponctué de moments de pur bonheur et d’épanouissement.
Bonne saison à toutes et à tous.

Pierre MATHONIER
Maire d’Aurillac

 

 

« Le voyage commence la ou s’arretent nos certitudes » Franck Michel

A l’heure où le village planétaire, concept d’unification du monde, avec sa mondialisation mercantile, fortement régie par la compétitivité et l’individualisme, sa volonté d’hégémonie culturelle, tendent à renforcer les replis identitaires aux contours variables, il nous paraissait important de s’ouvrir aux cultures du Monde, de cheminer vers l’Autre au delà de soi…
Après une étape aux origines de notre civilisation avec l’Orestie d’Eschyle, un de nos trois grands tragédiens grecs, notre voyage nous conduira en Amérique du Sud, plus précisément au Mexique à la recherche du romancier B. Traven, et à Juarez sur les traces de José Napoles dit Mantequilla le boxeur, puis en Argentine à travers ses musiques et ses danses. Le Tango, ses Milongas et sa Missa Tango illumineront les Phonolites 2020. Un détour en Terre Maori, puis tout en musique et chanson, Djazia Satour nous invite à la découverte de l’héritage musical algérien, quand la compagnie Der Luftteater nous conte, elle, la littérature Yiddish. Enfin, nous retrouverons, pour notre plus grand bonheur, la Turakie et son célèbre Mr Tokbar.
Avec eux, nous nous interrogerons sur la place de l’individu vis-à-vis du groupe, l’importance respective des logiques individuelles («je») et des logiques collectives («nous») dans nos cultures. Nous verrons en quoi nos danses de l’existence différent et nous enrichissent.
Sous l’angle de la famille, du destin pour Oreste, d’une société sécuritaire pour Fabrice dans Zaï Zaï Zaï Zaï, des réseaux sociaux pour Scarlett, de la place de la femme avec les filles de Simone et Sophia Aram, tous nous invitent à regarder, souvent avec humour et indulgence, le monde frontalement, à explorer nos peurs pour mieux repousser comme La Belle, le cadre trop exigu d’un monde manichéen.
Cri d’alarme pour le combat d’une vie nous prévient la compagnie La vouivre avec Feu, de l’urgence climatique nous alertent les abeilles dans le cadre du mois éco-citoyen. La compagnie Les Arpenteurs de l’Invisible avec leur adaptation de Fahrenheit 451 de Ray Bradbury nous rappelle avec force, à l’heure de l’hyper-connexion et de ses GAFA, la question de la place de la Culture et de l’Art en général, porte ouverte à la sensibilité donc à l’Autre…

Dominique Bertrand
Directeur du Théâtre d’Aurillac

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